Après un compte Paypal, ouvrez un compte papal ?

Posté par Christophe Deshayes le 1 juil 2011 dans A la une, BONUS et ActualitésPas de commentaires

Benoît XVI vient d’envoyer son premier message sur Twitter depuis un iPad, nous annonce la Tribune du 29 juin 2011, avant de préciser que le Pape a déjà plus de 5 000 abonnés mais qu’en revanche, il ne suit personne – pas même un membre du clergé.

Les institutions courent après la révolution numérique mais la comprennent-elles vraiment ? Saisissent-elles la nature profondément participative et collaborative de cette révolution ? Le livre « Les vrais révolutionnaires du numérique » montre que, si la société dans son ensemble se saisit de cette transformation profonde de la communication, les institutions sont quant à elles à la traîne. Par exemple, les grandes entreprises veulent certes toutes s’autoestampiller «entreprise 2.0» mais elles ne font guère qu’utiliser les nouveaux médias pour communiquer. Une communication presque toujours maladroite puisque aussi descendante, voire condescendante, qu’avant. Une communication unilatérale du haut (ceux qui savent, ceux qui dirigent…) vers le bas. On pourrait parler de quasi-propagande qui se contente d’utiliser les canaux de communication populaires : «les nouveaux médias». Or, utiliser les nouveaux médias ne transforme pas une entreprise pyramidale en organisation 2.0.
Le message du Pape confirme bien cette difficulté des institutions : prise en considération des médias qui comptent pour le grand public (avant-hier la télé, hier Internet, aujourd’hui Twitter) pour diffuser des messages mais refus d’entrer humblement (d’égal à égal) dans un flux global, multidirectionnel et participatif. Le Pape montre ainsi qu’il s’adapte au monde actuel sans pour autant entrer dans la marche du monde. C’est sûrement réfléchi de sa part et cela démontre une cohérence certaine. C’est en revanche beaucoup plus discutable pour les grandes entreprises écartelées entre leur désir de modernité et leur volonté de contrôle.
Mais cette posture – qui, une fois de plus, peut se comprendre de l’église catholique romaine hier dominante – tranche avec les pratiques des églises plus minoritaires (baptistes, évangéliques…) qui, elles, se saisissent opportunément de tous les outils 2.0 pour développer un communautarisme utile à leur démarche prosélyte.

Le 2.0 n’est-il pas fondamentalement du côté des challengers ?

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