Breloque 2.0 : la légion des contributeurs

Posté par Christophe Deshayes le 9 juil 2010 dans A la une, BONUS et ActualitésPas de commentaires

The Huffington Post, un journal en ligne qui connaît une forte notoriété aux Etats-Unis, annonce le 29 avril 2010 qu’il met en place sur son site, des pictogrammes permettant d’identifier immédiatement le profil du membre de la communauté qui s’exprime.
Objectif : impliquer davantage sa communauté, la rendre plus réactive, améliorer la qualité du débat et de la conversation sur son site.
Ces pictogrammes permettent, en effet, de distinguer :
-  Le « Networker », qui se caractérise par le grand nombre d’amis, de fans ou de followers qui le suivent ;
-  Le « Superuser », qui n’hésite pas à proposer du contenu, des posts, des commentaires ;
-  Le « Moderator », un membre actif qui surveille les billets des autres et propose la suppression de ceux qui lui semblent inappropriés. Le statut de « Moderator » se décline même en plusieurs niveaux, permettant à ceux ayant atteint le niveau le plus élevé de pouvoir de leur propre chef supprimer les commentaires inappropriés sans validation de la rédaction.
D’autres pictogrammes devraient être créés à l’avenir.

Le principe collaboratif cher au web 2.0 aurait-il des limites ? Même aux Etats-Unis où la culture citoyenne est davantage versée vers la participation, les contributeurs vraiment actifs ne pèsent que 1 à 2 % des visiteurs d’un site, 10 % sont des contributeurs occasionnels et 90% de simples suiveurs, utilisateurs, consommateurs…
Récompenser, valoriser, encourager ses contributeurs actifs est un enjeu majeur pour un site. En profiter pour développer de la confiance avec eux et donc les intégrer dans le processus de production (c’est le cas lorsqu’on en autorise certains à supprimer des commentaires d’utilisateurs sans l’aval de la rédaction) est également une source de réactivité, de qualité et de coût. Lorsque Wikipedia a mis en place une forme un peu similaire de modération, écornant son modèle initial, de nombreux observateurs ont prétendu que cela signait la fin de son modèle collaboratif. En fait, ce pourrait être exactement l’inverse. Seuls les sites pourvus d’une grande audience et d’une importante communauté de contributeurs (de différentes natures) ont intérêt le faire. Ils disposent de la masse suffisante pour mettre en œuvre un système de reconnaissance à différents étages, une sorte de légion d’honneur de la collaboration. On est en plein de cœur du « réacteur » de l’usine collaborative. A quand la rémunération de certains ? Loin de signer la fin du modèle, la rémunération (indemnisation ?) des acteurs à forte valeur ajoutée (démontrée et pas seulement déclarée) ne sera pas le signe de la fin d’un modèle, mais au contraire l’aboutissement d’un modèle en quête de sa viabilité depuis longtemps.
Rappelons que The Huffington Post est un journal d’information américain sur Internet faisant depuis toujours appel à de nombreuses collaborations et sources externes. Son contenu est un mélange de blog­ging et de journalisme d’investigation. Depuis le début, il expérimente de nouvelles formes éditoriales. Le site – très populaire aux USA – a gagné, deux années de suite, les Webby Awards dans la catégorie blog politique.

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