Cyber-harcèlement (1/3) : sexe, mensonges et video 2.0 par la Z génération

Posté par Christophe Deshayes le 26 nov 2010 dans A la une, BONUS et ActualitésPas de commentaires

Les réseaux sociaux et les SMS ont permis le développement de formes de harcèlement en ligne chez les adolescents, en particulier dans les établissements scolaires. Le Washington Post du 2 septembre 2010 étudie ce phénomène et relève qu’il touche principalement les élèves des collèges.
Tout se passe en ligne, en temps réel, et se trouve donc difficile à contrôler. En éliminant le face à face traditionnel, la communication numérique rend trop facile l’expression de sentiments négatifs. On ne se rend plus vraiment compte de l’impact de ses propos sur l’autre personne. On a recensé différents cas où des adolescents ont vu leur vie brisée après avoir été harcelés ou maltraités sur Internet.
Des recherches indiquent que les filles seraient plus enclines que les garçons à prendre part à des pratiques de harcèlement, mais elles sont également fréquemment victimes. Les filles seraient également plus nombreuses à dénoncer ces pratiques. Le type de harcèlement varie selon le sexe : les filles répandent généralement des rumeurs alors que les garçons mettent en ligne des images ou des vidéos blessantes. Les recherches indiquent aussi qu’une victime de cyber-harcèlement a deux fois plus de probabilités de se suicider qu’une personne qui n’a pas été exposée. Le cyber-harcèlement inclut des messages méchants, vulgaires ou de menaces, des images, la divulgation d’informations privées ou confidentielles, l’exclusion de certains groupes en ligne…
Un logiciel, LRNtheLingo, sorte de dictionnaire des expressions et de l’argot utilisés sur Internet permet aux parents de mieux comprendre ce qui se passe dans la vie sociale en ligne de leur progéniture.

Chercher à impliquer les parents est sûrement une bonne idée car il s’agit bien à la fois de la sauvegarde d’enfants en grand danger et d’un problème global d’éducation. Mais il serait sûrement souhaitable de disposer d’un éclairage scientifique solide et d’organiser un débat de société. Or, à lire les résultats des études citées par le Washington post, on peut raisonnablement douter tout à la fois de la solidité de l’éclairage et de la maturité du débat. L’obsession de nombreux Américains à tout vouloir analyser à travers le prisme du genre est-il vraiment pertinent ? Relever que les filles répandent davantage des rumeurs alors que les garçons mettent plutôt en ligne des photos nous révèle-t-il autre chose que le fameux : les hommes sont « visuels » alors que les femmes sont « cérébrales » ? Est-ce utile pour contrer le phénomène ?
La seule considération de genre qui pourrait être utile dans ces « études », réside dans le fait qu’il n’y a pas d’effet de genre, les victimes sont aussi bien les garçons que les filles et que les agresseurs sont aussi bien les filles que les garçons…
Enfin, à vouloir faire entrer dans ce cyber-harcèlement tout à la fois des messages méchants et des menaces… on risque davantage d’augmenter les statistiques d’agression et le sentiment d’insécurité que le niveau de conscience des différents acteurs.
Rappelons que les entreprises espèrent développer leur compétitivité grâce à des modes d’organisation davantage collaboratifs. Il serait sûrement astucieux que les plus jeunes recrues soient débarrassées de certaines déviances comportementales. Vous avez dit un problème de société ?

Commenter