Cyber-harcèlement (2/3) : A quand les cours d’instruction numérique ?

Posté par Christophe Deshayes le 10 déc 2010 dans A la une, BONUS et Actualités, EducationUn commentaire

Une étude citée dans le Washington Post du 21 septembre 2010 révèle que les pratiques de harcèlement se sont déplacées de la cour d’école vers les pages Facebook, les groupes de discussion et les SMS. Ce cyber-harcèlement ne permet pas toujours d’identifier son agresseur. Au moment de ces attaques, les victimes, des adolescents généralement encore en quête d’identité, se sentent isolées, déshumanisées et finalement sans défense. Brimades et cyber-harcèlement ne sont pas forcément distincts, ils peuvent se mêler, se cumuler.
L’étude constate que le cyber-harcèlement est plus fréquent dans les collèges (dans les niveaux équivalents de la 6e à la 4e en France). Elle indique également que 14 % des élèves américains du secondaire (de la 6e à la seconde) avaient été impliqués dans des incidents de cyber-harcèlement au cours des deux mois précédents, en tant que victime, qu’agresseur ou même les deux. 20 % ont fait état de brimades physiques sur la même période et 50 % d’agressions verbales ou de formes de harcèlement social.
Quels que soient les chiffres, il reste que toutes les personnes ciblées par ces pratiques sont plus sujettes à la dépression, qu’elles soient victimes de violence physique, de moqueries, d’exclusion sociale ou de cyber-agression. Les niveaux de dépression sont plus grands pour les seules victimes que pour les personnes qui sont à la fois victime et agresseur.
De précédentes études ont établi une corrélation entre l’implication des parents et des écoles et la baisse des brimades sous toutes leurs formes.

Voilà un vrai phénomène de société dont les conséquences sont dramatiques (suicide pour quelques-uns, dépression plus ou moins grave pour de nombreux autres et enfin incivilités généralisées pour presque tous…). Pourtant les solutions semblent assez évidentes. L’implication de la communauté éducative dans son ensemble (des enseignants aux parents en passant par le personnel administratif…) dans des actions de sensibilisation, de prévention ou de surveillance font baisser considérablement le phénomène. L’éducation aux nouveaux médias ne devrait-elle pas être déclarée priorité nationale ? Bien entendu, en précisant que ce n’est pas seulement un problème à déléguer aux seuls professeurs et en sortant des manichéismes de toute sorte qui entachent les articles de journaux traitant de ce phénomène. Illustration de la complexité et de la relativité du problème : les agressés sont quelquefois également agresseurs (et alors moins sujets à la dépression). Dans tous les cas, ce sont des victimes à qui personne n’a appris les bons usages du numérique. Mais au fait, quelqu’un en est-il capable ?

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  1. Moi, je veux bien (pour répondre à la dernière phrase…).

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