Données numériques : nouvelle richesse ou nouvelle pollution ?

Posté par Christophe Deshayes le 2 juil 2010 dans A la une, BONUS et ActualitésUn commentaire

Les données personnelles sont assurément l’un des sujets chauds du moment. A la suite de l’affaire baptisée « Streetview » du nom du célèbre service de Google, de nombreux Etats, y compris américains, ont commencé à s’intéresser de plus près (enfin) à l’activité réelle des voitures utilisées par Google pour numériser les grandes villes. Prennent-elles seulement des photos à 360° ou en profitent-elles pour récolter toutes les données mal sécurisées qui traînent sur les réseaux wifi, notamment les adresses MAC (Media Access Control) permettant à Google d’affiner ses services géolocalisés ?
De leur côté, les entreprises qui sont devenues de fortes consommatrices d’informatique cherchent, elles, à réduire leur volume de données. La déduplication des données constituerait une solution satisfaisante mais encore peu utilisée par les entreprises, semble regretter Information Week.
Entre un Google qui se précipite pour numériser « gratuitement » le monde (c’est-à-dire en dématérialisant le monde physique et en mettant la main sur les données numériques) et les entreprises qui, au contraire, cherchent à réduire les volumes de données numériques qu’elles gèrent, le fossé semble s’élargir. Pour les uns, les données font figure de capital sur lequel il faut mettre la main coûte que coûte. Pour les autres, les données apparaissent comme un problème à contenir par tous les moyens. La révolution numérique n’est visiblement pas comprise de la même manière par tous…
Pendant ce temps, certains gouvernements cherchent à légiférer pour protéger les citoyens des appétits « des ogres des données » que sont les Google et autres Facebook. L’idée d’un droit à l’oubli entre dorénavant au cœur de leurs préoccupations : rendre à l’internaute la maîtrise de ses données. On sourira à la lecture du billet « La toile, ce linceul » qui pose justement la question de la propriété des données dans sa question la plus aboutie : le legs et l’usage post-mortem.
Les données numériques sont le pétrole de la société numérique. Que faire de ce pétrole ? La même chose que pour l’autre… En grande quantité, c’est un gisement sur lequel il est important de mettre la main. En plus petite quantité, c’est une pollution qu’il est important d’endiguer. Voilà qui explique peut-être une telle différence d’appréciation…

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