Dossier cyber-harcèlement (3/3) : l’enfer, c’est les autres !

Posté par Christophe Deshayes le 17 déc 2010 dans A la une, BONUS et Actualités, EducationPas de commentaires

Les exemples de « harcèlement textuel » sont significatifs de la montée de la violence dans les fréquentations. Citons parmi tant d’autres, le cas d’une jeune fille de 16 ans qui a subi une véritable torture psychologique numérique. Son ex-petit-ami qui ne supportait pas la rupture n’a pas hésité à faire appel à quatre de ses amis qu’il payait pour lui envoyer des messages à sa place pendant qu’il dormait ou qu’il travaillait.

La situation semble avoir empiré de façon stupéfiante depuis deux ans, selon Jill Murray, une spécialiste de la question, interrogé par le Washington Post du 21 juin 2010. Le harcèlement est « devenu beaucoup plus facile dans le monde numérique, et même plus persistant et constant, sans laisser le moindre répit ».
On commence à prêter de plus en plus attention à ce phénomène aux Etats-Unis.
Autre aspect de ce phénomène de harcèlement : la surveillance continuelle de son partenaire auquel on demande de rendre des comptes : où es-tu, avec qui ? « Pourquoi tu ne réponds pas ? »… Une étude récente d’Associated Press et MTV mentionne qu’un jeune sur quatre dans la tranche d’âge de 14 à 24 ans vérifie plusieurs fois par jour ce que fait son partenaire et un sur dix affirme que son partenaire lui a demandé ses mots de passe.
Jill Murray incite les parents à faire plus attention à la vie numérique de leurs enfants, à vérifier le volume de messages qu’ils reçoivent, à quelle heure ils les reçoivent et de qui.

Contrairement à ce que certains parents pourraient croire, ce n’est pas « mignon » de se donner ses mots de passe. C’est la négation de la notion de jardin secret, l’absence caractérisée de confiance.
Rappelons l’argumentation systématique du demandeur : « si tu n’as rien à cacher, tu peux me donner tes codes d’accès… »
Cette exigence exorbitante doit être refusée dès la première demande. Dans le cas contraire, il ne faut pas s’étonner que cela devienne le premier pas dans l’engrenage de la jalousie-dépendance-violence.
Précisons que, sous prétexte de sécurité, certains états ou organisations, emploient les mêmes arguments « puisque vous n’avez rien à cacher, n’est-ce pas ? »

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