Gamersband : l’innovation à la française?

Posté par Christophe Deshayes le 8 avr 2011 dans A la une, BONUS et Actualités, JeuxUn commentaire

Gamersband.com est le premier réseau géosocial dédié aux passionnés de jeux. L’idée de la start-up parisienne qui l’a créé est de regrouper sur le site quatre concepts en vogue : jeux, géolocalisation, réseau social, dimension locale (quartier, entreprise). « Nous souhaitons aller au bout de la socialisation par le jeu « , explique l’un de ses fondateurs, comprendre trouver un compagnon de jeux dans son quartier ou dans son entreprise via la plate-forme communautaire.
Pour ce faire, Gamersband croise les profils de ses membres par affinités (goût, localisation…), assure la mise en relation et permet ainsi de créer une communauté de proximité. Selon le périodique L’Entreprise qui lui consacre un article dans son numéro de mars 2011, « on peut le considérer comme une sorte de Facebook thématique et surtout local, à rebours du village mondial « .

On sait que la mondialisation conduit à une uniformisation culturelle. On souligne trop rarement une tendance opposée qui se développe avec la même vigueur : un besoin de proximité, de respect des spécificités, voire d’intégration dans des territoires. La dimension numérique de la mondialisation démultiplie les formes de communautés. Des communautés qui, par nature, renforcent toutes les spécificités, notamment les spécificités locales. Les guildes de joueurs qui se réunissent autour de jeux mondialement diffusés tels que World of Warcraft sont presque toutes constituées sur des bases nationales ou du moins sur une langue commune.
La France est très en pointe sur ce genre d’initiative. La fête de la musique, puis la fête des voisins surfent depuis longtemps sur ces attentes. Le site Peuplade.fr (le premier site de voisins) développe, pour sa part, en France des liens sociaux fondés sur la proximité géographique. Il n’est donc pas étonnant qu’un site français se propose de rassembler des amateurs de jeux en fonction de leur jeu préféré, de leur proximité géographique ou affinitaire.
C’est une preuve supplémentaire de l’ambivalence des TIC et des jeux en ligne, ils développent à la fois, dans certains cas extrêmes, des phénomènes de repli sur soi (phénomène des « no life ») mais, dans des cas plus nombreux, ils suscitent des occasions de socialisation, de nouvelles formes d’apprentissage ou d’entraide.
Plutôt que de présenter Gamersband comme un Facebook du jeu, il vaudrait mieux parler d’un Foursquare du jeu (Foursquare étant le dernier réseau social (géolocalisé) à la mode dans les pays occidentaux avec plus de 6 millions de comptes et un taux de croissance dépassant les 1 000 % par an). Souhaitons à Gamersband une telle réussite !
Mais, au fait, surfer sur le local ne compromet-il pas justement la rencontre d’un tel succès planétaire ?

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Un commentaire

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  1. Merci pour les souhaits de réussite !

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