Révolutionnaires du numérique : page 118

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livre 1Cette page donne un éclairage supplémentaire sur :
- Homo mobilis
- Hybridation monde réel/monde virtuel

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HOMO MOBILIS

(voir aussi page 129)

Extrait du dossier documental publié en juillet 2008, intitulé :
L’émergence de l’homo mobilis, une rupture sociétale ?

Depuis quelques années, les technologies mobiles envahissent la planète, entraînant avec elles pléthore de nouveaux usages. Parmi ceux-ci, une avancée majeure va certainement entraîner des changements dans la vie de nombreux êtres humains : la mise à disposition d’une connexion permanente à Internet et à ses applications. Dans le contexte du travail, les bouleversements s’annoncent importants : le salarié, de plus en plus nomade – mais désormais en lien quasi permanent avec son environnement professionnel grâce à son assistant mobile – est en train de connaître une mutation profonde dans sa façon de travailler et de tisser des liens avec les collaborateurs et les partenaires de son groupe.
Si le philosophe Michel Serres voit dans l’essor des nouvelles technologies, et en particulier dans celles liées à la mobilité, l’émergence d’un nouveau mode de penser et de communiquer avec les autres, certains experts, comme Joël de Rosnay, n’annoncent rien de moins qu’une rupture de civilisation, quand ce n’est pas la naissance d’un homme nouveau, baptisé fort à propos « homo mobilis ».
Mais comment intégrer cette nouvelle donne dans l’organisation de l’entreprise qui, à l’intérieur de ses propres murs, a déjà fort à faire face à l’essor de toutes les applications liées au travail « 2.0″? A moins que l’Internet mobile – et les applications innovantes qui lui sont liées – ne soient en fait qu’un sous-ensemble de cette vaste  évolution.

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A lire en complément, un extrait de la revue de presse documental (abstract) :

Homo mobilis

Hubert Guillaud nous propose une synthèse d’un dossier paru dans The Economist sur « notre futur nomade » qui est l’occasion d’évoquer :
- les transformations que la mobilité engendre dans le travail (des communications plus transactionnelles mais impersonnelles, une disparition des frontières entre le travail et la vie personnelle qui se répercute dans la façon de concevoir l’urbanisme et le trafic) ;
- les transformations que la mobilité engendre dans la cohésion sociale (les échanges sont plus fréquents mais plus courts ; l’essentiel des appels ont pour but une « micro-coordination » de gens qui ne sont pas physiquement ensemble. Ne va-t-on pas exclure finalement les gens physiquement présents ? Les inquiétudes de l’auteur Richard Ling concernant « la solidarité délimitée » sont aussi retranscrites : les interactions deviennent si tournées vers soi-même qu’elles empêchent les interactions avec le reste de la société ;
- l’émergence d’un nouveau type de personne : entourés d’outils mobiles, « nous courrons le risque de laisser le nuage de connectivité social qui nous entoure nous voler une part de notre nature humaine ». Après l’homo erectus, l’homo sapiens, voici l’arrivée de l’homo mobilis ! En atteste, l’essor de cette génération de jeunes qui communiquent avec un langage propre (grammaire, syntaxe…) via les mobiles et bouleversent notre culture écrite. Naomi Baron, linguiste à l’université de Washington, parle de l’âge du « n’importe quoi linguistique » et s’inquiète de ce phénomène de société : les gens écrivent beaucoup plus qu’ils ne l’ont jamais fait, ils écrivent de plus en plus vite… et sans forcément construire leur pensée…
Hubert Guillaud se montre rassurant : on a bien condamné la génération TV à devenir une génération sans imagination alors qu’elle est devenue « celle qui a bâti l’Internet », les jeunes d’aujourd’hui vont certainement eux aussi nous surprendre…

Homo mobilis /Hubert Guillaud. – InternetActu.net (en ligne), 06.05.08. (référence documental : 27385)
http://www.internetactu.net/2008/05/06/homo-mobilis/print/

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Hybridation monde réel/monde virtuel

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Extrait du dossier documental publié en septembre 2008, intitulé :
Ville 2.0, la naissance du cyber-urbain

Une nouvelle appréhension monde réel/monde virtuel

Dans la ville 2.0, nous nous retrouvons à habiter un espace totalement imprégné par la technologie. On entre ainsi dans « un nouvel environnement où la notion de dimensions devient floue, où le « réel » et le « présent » fluctuent en se combinant de mille façons au « virtuel » ou au « distant » […] L’espace physique ne représente désormais qu’une petite partie de l’étendue de l’espace contemporain qui varie entre visible et invisible, physique et virtuel, local et distribué, continu et discontinu », soulignent Christophe Guignard et Patrick Keller lors d’un séminaire à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.

L’ère de la réalité duale

Les frontières entre le monde réel et le monde virtuel devraient finir par s’estomper complètement. Nous serons alors à l’ère de la réalité duale.
« La réalité duale est un concept qui consiste à maintenir deux mondes connectés, l’un virtuel, l’autre réel », explique Hubert Guillaud sur le site InternetActu. « Deux mondes qui se reflètent, s’influencent et fusionnent l’un avec l’autre aux moyens de réseaux de capteurs profondément incorporés. Les deux éléments, réels et virtuels, qui composent la réalité duale sont complets par eux-mêmes, mais sont enrichis par leur interaction mutuelle. […] La réalité duale n’est rien de moins que la convergence entre les mondes virtuels et les réseaux de capteurs ».
[…]

Des passerelles entre le physique et l’immatériel

Les mondes numériques et réels restent bien étanches et manquent cruellement de passerelles, constate Hubert Guillaud dans un article intitulé « Besoin d’hybride ». Mais comment concevoir « l’hybridation » entre le numérique et le physique ? Le rédacteur en chef d’Internetactu.net explique que l’on commence à avoir des pistes pour révéler le réel dans le numérique (Internet des objets, fouille de la réalité…). Mais si le numérique fait des progrès pour comprendre et analyser le réel, la réciproque n’est pas vraie : faire apparaître le numérique dans le réel est le parent pauvre de la recherche. Par exemple, on obtient rarement une réponse satisfaisante au problème suivant : comment savoir sans le demander à ces appareils s’il y a, là à l’endroit où je suis, du réseau disponible pour moi ? Ou encore y a-t-il des informations qui peuvent m’apporter quelque chose ? Puis-je interroger un lieu, un objet ? D’où la nécessité de créer des objets et des services qui servent de passerelles entre le numérique et l’analogique, le physique et l’immatériel, le virtuel et le réel, l’actuel et le continu. Peu existent à ce jour ; on peut citer le City Wall, le lapin Nabatztag ou les potelets numériques. Si elles se développent, « ces passerelles entre le réel et l’hypermatériel vont bouleverser notre façon de concevoir le numérique parce qu’elles vont y introduire des problématiques nouvelles », insiste H. Guillaud. Ainsi, « faire entrer la captation de l’environnement dans nos outils numériques va assurément changer notre façon de les concevoir », ajoute-t-il. Mais pour l’heure, le numérique a véritablement besoin d’objets et de lieux pour s’incarner, pour faire le pont. En tentant de dresser une liste des solutions possibles, on voit se profiler les grandes caractéristiques de l’hybridation : elle est immédiate, elle interroge des objets plus que des écrans, elle met en scène des interfaces tangibles, tactiles, qui bougent, qui réagissent plutôt qu’elles ne communiquent.

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A lire en complément :

La réalité duale : des gadgets pour tendre un pont entre la réalité virtuelle et la vie réelle /Hubert Guillaud. – Internetactu.net (en ligne), 12.07.07.
http://www.internetactu.net/2007/07/12/la-realite-duale-des-gadgets-pour-tendre-un-pont-entre-la-realite-virtuelle-et-la-vie-reelle/print/

Besoin d’hybride /Hubert Guillaud. – Internetactu.net (en ligne), 17.07.08. (Rérérence documental : 27463).
http://www.internetactu.net/2008/07/17/besoin-dhybridation/