L’innovation par le design : le nouveau credo de la Silicon Valley

Posté par Christophe Deshayes le 5 mai 2011 dans A la une, BONUS et ActualitésPas de commentaires

Technology Review du 25 avril 2011 (la revue du MIT) souligne une tendance de plus en plus claire : la Silicon Valley est de plus en plus persuadée que le design sera l’un des principaux facteurs de réussite des start-up dans les années à venir. Pour preuve, un fond d’investissement spécial, « The Designer Fund », vient d’être dédié au soutien financier des sociétés qui ne se concentreront plus seulement sur l’aspect technique de leur produit, mais chercheront avant tout à améliorer l’expérience de l’utilisateur.
Le titre de l’article « le prochain Zuckerberg sera-t-il un designer plutôt qu’un technicien ? » est pour le moins étrange et quelque peu contre-productif. En effet, si la tendance décrite est crédible c’est justement parce qu’elle explique déjà une partie du succès des grandes réussites récentes. Peut-on réussir à capter 600 millions d’utilisateurs en un peu plus de cinq ans comme l’a fait Facebook sans avoir fait attention à l’expérience utilisateur, un concept qu’il faut comprendre comme un ensemble : utilité, accessibilité, disponibilité, facilité, plaisir… Certes, Zuckerberg n’est pas un designer patenté, pas plus que Steve Jobs, mais ces deux entrepreneurs d’exception portent, depuis le début de leur aventure respective, une attention particulière à l’expérience utilisateur (UX). D’ailleurs, l’incubateur de sociétés high tech 500 Startups, cité par l’article de Technology Review, le rappelle : les entreprises aussi célèbres que YouTube, Flickr, Tumblr, Slideshare… ont été fondées par le rapprochement d’hommes issus du monde de la technique et d’autres venus de l’univers du design.

Faut-il comprendre que derrière cette préoccupation du design certains ne veulent voir que des spécialistes du domaine ? Cela semble probable mais tout simplement dommage. En effet, dans l’histoire de l’informatique, les plus importantes percées en matière d’expérience utilisateur ont été proposées par combinaisons improbables de circonstances et d’acteurs rarement estampillés designers mais en revanche toujours obsédés par l’expérience utilisateur avant même que le terme ne soit déposé. Espérons donc que cette légitime préoccupation ne soit pas le prétexte – comme le titre de l’article pourrait le laisser croire – d’un transfert de pouvoir (et d’argent) de la corporation des entrepreneurs techniciens à celle « montante » des entrepreneurs designers…

Espérons enfin, que la France comprenne à son tour l’importance de l’innovation non technologique et mette également en place des dispositifs de soutien à l’innovation par le design mais également à l’innovation par les usages, par les modèles d’affaires, les nouvelles organisations… A défaut d’être un grand pays de l’innovation technologique,  nous pouvons encore (pour l’instant) prétendre concourir à une place de grand pays de l’usage de la technologie !

Commenter