Réseaux sociaux : la vérité si je manque !

Posté par christophe le 28 nov 2009 dans Action militante et citoyenne, BONUS et ActualitésUn commentaire

Devant le non remplacement croissant des professeurs absents dans l’Education Nationale et, face surtout à l’opacité des rectorats pour communiquer les chiffres réels de l’absentéisme, la FCPE a mis en place un site participatif à renseigner par les parents d’élèves. Le lancement de la plateforme « Ouyapacours » sur le site de la FCPE est relaté, entre autres, par Rue 89 le 25 septembre 2009. Le principe est simple : les parents se connectent et renseignent les heures et jours de cours non assurés afin de parvenir à des statistiques plus fiables. Le recensement ne communique pas le nom des professeurs concernés, le but est de mettre en avant des chiffres. En effet, les rectorats, chargés de comptabiliser les absences et de communiquer les résultats, ont toujours fait preuve d’un incroyable manque de transparence sur ce sujet brûlant. Jean-Luc Hazan, président de la FCPE précise : « au secondaire, l’Education Nationale estime qu’une absence de moins de deux semaines n’est pas à recenser. A partir de trois semaines on commence à y songer ».

Ce lancement national vient consacrer le succès d’une initiative locale lancée il y a un an par la FCPE Seine et Marne. Suite à la mobilisation que la plateforme a tout de suite engendrée, le rectorat qui jouait la grande muette depuis des années a réagi : « Nous avons très rapidement reçu un appel du rectorat qui nous a demandé pourquoi on faisait cela. Ca les a dérangés. » explique le secrétaire général de la FCPE Seine et Marne.

Une fois de plus, la culture participative du web 2.0 a permis à la société civile de se saisir d’une question de société et de mettre les officiels face à leurs contradictions… ou leurs absences. La FCPE de Seine et Marne, après un an d’exploitation du site, a ainsi pu mettre en lumière que 10% des heures des cours n’avaient pas été assurées sur l’année dans une classe de 4e d’un collège à Mormant. L’Education Nationale qui refuse de diffuser les vrais chiffres de l’absentéisme des professeurs se retrouve ici piégée et réagit le dos au mur. Difficile de défendre publiquement une posture de lutte sans faille contre l’échec scolaire alors qu’un nombre si important d’heures de cours ne peut pas être dispensé, faute de personnel remplaçant.

Les organes officiels qui refusent de traiter le problème ou avancent des chiffres à l’évidence bidonnés sont poussés à réagir par la masse de participants déterminés qu’ils trouvent face à eux et qui savent désormais comment diffuser ces informations à la presse, ou sur Internet de manière rapide et efficace. Le jour du lancement de la plateforme, pas moins d’une vingtaine de sites de grands quotidiens reprenait l’info.

Si les organisations les plus établies ne se lancent pas sincèrement dans cette transformation managériale (ce qu’on peut comprendre) d’autres le feront à leur place et utiliseront ces leviers pour les placer sur le grill. Pour cette raison- là au moins, les organisations publiques ou privées ont toutes les raisons de s’intéresser aux vrais ressorts de la révolution numérique en réseau…

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